MAEL  
Actuation
c/o the Arches, Glasgow, Scotland.
Commissioned for the National Review of Live Art

30th October 1996 3:00 PM - 10:00 PM (7 hrs non-stop)

Installation:
31st October 1996 - 3rd November 1996

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"[...] It may have been the architecture of the Arches themselves that gave rise to the sense of an underlying theme of lines of violence, tragedy and its aftermath. The shadow of a gunman seemed to creep from under the black entrance curtain of Alastair MacLennan's commissioned installation MAEL, commemorating ten years of violence. The constant soundtrack was a list of names which caused an occasional shiver of recognition as a name passed by that perhaps had held the headlines for a day. Skeletal wrecks of burnt out cars filled the arch as bare light bulbs faded to an ominous glow and, in the shadows, a balaclavad figure stood silently holding a pair of child's white sandals hanging from their straps. [...]"

Geraldine Pilgrim from Live Art Magazine Dec 96/Feb 97, Issue No 13 on The National Review Of Live Art Glasgow, 24th Oct-3rd Nov 1996

 

Provocation

Jean-Damien Fleury
La Liberté, Switzerland, n.27, 1997

Une installation qui reflète la triste guerre civile irlandaise
Des voitures calcinées, un éclairage blafard, "Mael II" d'Alastair MacLennan se veut polémique è l'encontre de la violence aveugle des extrémistes.

"Mael II" d'Alastair MacLennan. L'Irlandais du Nord présente une puissante installation dans le hangar attenant a l'enceinte du Belluard. L'espace plongé dans l'ombre respire la mort, le soufre et la violence. Trois voitures calcinées sont figées sous l'éclairage blafard de lumières qui s'allument faiblement, puis s'éteignent. Ces épaves se donnent comme des objets residuels d'attentats. Et les véhicules sont bordés par des entassements de pavés. L'espace d'exposition est encore perturbé par la présence d'un homme vêtu de noir - sorte de terrorist ou bourreau cagoulé - qui se glisse lentement entre les pièces. Cette ombre sournoise dans l'obscurité devient angoissante.

DE L'EAU OU DU FORMOL ?
A la violence des images qui mettent l'installation sous tension, viennent s'ajouter nombre d'indices historiques en référence directe avec la guerre civile irlandaise. Il y a d'abord l'énumération sonore des noms des gens frappés aveuglément par les explosions. Puis divers symboles qui mettent en abîme ce conflit spécifique dans son contexte politico-religieux. C'est ainsi que l'on rencontre des bassines d'"eau bénite", distribuées sur une table ou à même le sol. Des vases qui semblent alimenter la violence ou immerger ses résultats dans un bain héroïque. Deux indices. Une cuvette chromée noie dans son eau une paire de lunettes noires; des lunettes d'aveugle. Celles-ci sont surmontées par des pavés de barricades. Ailleurs, une chaussure d'enfant est plongée dans l'eau comme elle pourrait l'être dans du formol.

STIMULATIONS MACABRES
Alastair MacLennan ne prend aucune position politique quant aux protagonistes du conflit. Il y a des "noirs" et des "blancs" - couleurs antagonistes - toutes deux révélant une même hargne, disposant d'armes similaires et pleurant leur propre lot de sacrifiés. "Mael II" reste cependant polémique a l'encontre de la violence aveugle et fomentée par les extrémistes. Les rapports à la mort, à l'enfance et à l'humanité meurtries, ainsi qu'aux manipulations du pouvoir sous le couvert des religions, ouvrent cette installation sur des préoccupations universelles qui rencontrent malheureusement aujourd'hui de nombreux échos de par le monde. La force d'Alastair MacLennan est de nous faire partager ce gouffre de la violence en nous plongeant dans un espace clos - univers saturé de stimulations macabres - qui conditionne notre perception, un peu comme si l'on se retrouvait de nuit sur les lieux d'un attentat.